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Démarchage téléphonique : depuis le 11 août, pas d'appel sans accord préalable

Bloctel a disparu et la logique s'est inversée : on n'appelle plus un particulier pour lui vendre quelque chose s'il n'a pas dit oui avant. Pour les vendeurs en magasin comme pour les conseillers bancaires, le moment où l'on recueille cet accord devient un geste professionnel à part entière.

Par Romain Martin 3 min de lecture 5 sources

Jusqu'à cet été, un particulier devait s'inscrire sur Bloctel pour ne plus être appelé. Depuis le 11 août 2026, c'est l'inverse : le démarchage téléphonique est interdit dans tous les secteurs, sauf si le consommateur a donné son accord avant l'appel. La mesure vient de la loi du 30 juin 2025 contre les fraudes aux aides publiques, et Bloctel, devenu sans objet, a été supprimé12.

Ce qui reste permis

Bercy retient deux situations dans lesquelles un professionnel peut encore appeler1 :

  • le consommateur a donné au préalable un consentement clair à être prospecté ;
  • l'appel porte sur un contrat en cours, par exemple pour proposer une option ou un service dans le cadre de ce contrat.

La vente d'abonnements à des journaux ou magazines conserve par ailleurs un régime à part12. Attention à la seconde exception : pour un avocat qui a commenté le texte, un produit sans lien réel avec le contrat existant sort de cette tolérance, et la frontière promet d'être discutée devant les juges5.

Trois domaines restent fermés à la prospection téléphonique même avec l'accord de la personne : la rénovation énergétique, l'adaptation du logement au handicap ou au vieillissement, et la sollicitation des titulaires d'un compte personnel de formation1.

Un consentement qui se prouve

L'accord doit être explicite, libre, spécifique, éclairé et révocable. Bercy donne un exemple très concret : une case à cocher sur un formulaire, remplie à la suite d'un achat en magasin. Le professionnel doit indiquer son identité, la nature des biens ou services concernés et la durée pendant laquelle le client accepte d'être appelé1.

Règles applicables aux professionnels, d'après la fiche Bercy infos du 21 août 2026.
PointRègle
Durée de validité de l'accord1 an au plus
Reconduction taciteInterdite
Conservation de la preuve3 ans au moins
Retrait de l'accordÀ tout moment, y compris à l'oral pendant un appel
Jours et heures d'appelDu lundi au vendredi, 10 h à 13 h et 14 h à 20 h
Fréquence4 appels au plus sur 30 jours
Numéro affichéJamais masqué, et pas de 06 ou 07 pour une plateforme commerciale

Un détail ferme une porte dérobée : il est interdit d'appeler quelqu'un pour lui demander s'il accepte d'être démarché3. Les modalités de recueil, de conservation et de retrait ont été fixées par un décret du 23 juillet 202614.

Les sanctions

Un démarchage illicite expose à une amende pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale, et la DGCCRF peut publier les sanctions prononcées1. Les consommateurs peuvent signaler un appel abusif sur SignalConso2.

Côté formation : le consentement devient un geste métier

La règle ne concerne pas que les centres d'appels. Elle déplace le travail vers le face-à-face, là où l'accord se recueille.

  • Employé commercial, conseiller de vente. La création d'une carte de fidélité ou la prise d'une commande est désormais le moment où l'on propose, ou non, d'être rappelé. Il faut savoir le dire simplement, sans forcer, et cocher la bonne case. C'est une mise en situation à écrire, pas un rappel de loi à afficher.
  • Conseiller clientèle en banque-assurance. Le rebond téléphonique sur un client existant repose sur l'exception du contrat en cours. Les équipes doivent savoir où elle s'arrête : appeler le titulaire d'un compte pour lui parler d'une assurance sans rapport n'est pas couvert d'office.
  • Managers d'unité marchande. Ils devront vérifier que les fichiers utilisés pour les relances (SAV, livraison, offres) distinguent bien ce qui relève du contrat et ce qui relève de la prospection.
  • Organismes de formation. La sollicitation téléphonique des titulaires d'un CPF est interdite, accord ou pas. À vérifier dans vos propres pratiques commerciales.

Sources

Chaque numéro dans le texte renvoie à l'une de ces références. Les liens ont été consultés le 18 septembre 2026. Les textes officiels priment toujours sur leur résumé.

  1. Professionnels : comment respecter la réglementation sur le démarchage téléphonique ?Ministère de l'Économie, Bercy infos Entreprises, 21 août 2026source officielle
  2. Démarchage téléphonique interdit : quelles sont les nouvelles règles ?Service-Public.fr, 10 août 2026source officielle
  3. Démarchage téléphonique : à partir du 11 août 2026, le consentement devient la règleDEETS de La Réunion, services de l'État, 11 août 2026source officielle
  4. Démarchage téléphonique : ce qui change le 11 août 2026Touitou Law, cabinet d'avocats, 27 juillet 2026
  5. Démarchage téléphonique : ce qui change pour vous le 11 août 2026Kohen Avocats, 28 juin 2026

Cette page est une synthèse de veille rédigée à partir des sources citées. Elle ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil financier. Pour une décision engageante, reportez-vous au texte officiel ou à un professionnel habilité.

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