Créé par un décret du 1er mars 1976, Centre Inffo a été pendant cinquante ans l'endroit où l'on allait comprendre une réforme de la formation professionnelle. Le 16 juillet 2026, le tribunal de commerce de Bobigny l'a placé en liquidation judiciaire1.
Comment on en est arrivé là
Tout part d'une décision budgétaire : le 6 juin 2025, le ministère du Travail annonce qu'il ne reconduira pas sa subvention, ce que le projet de loi de finances pour 2026 confirme ensuite14. Cette subvention représentait environ la moitié des ressources de l'association6. Un décret du 24 décembre 2025 abroge ses textes fondateurs : au 1er janvier 2026, Centre Inffo n'est plus un opérateur de l'État46.
La suite va vite. Le directeur général part en janvier, la procédure de sauvegarde est convertie en redressement4. Faute de repreneur et après l'échec de la vente des locaux, l'administratrice judiciaire dépose une demande de liquidation le 25 juin ; 82 emplois sont concernés selon AEF info2. L'annonce publique tombe le 9 juillet3, le jugement une semaine plus tard1.
Ce que le secteur perd
Le mensuel Inffo Formation avait cessé de paraître début juin. Le Quotidien de la formation, qui informait chaque jour les professionnels depuis mai 2004, s'est arrêté avec la liquidation, et aucune publication de remplacement n'a été annoncée5. Ce qui disparaît, c'est une source qui expliquait les textes sans rien avoir à vendre.
Les obligations, elles, ne disparaissent pas. La déclaration d'activité et Qualiopi s'appliquent comme avant6, et le référentiel demande toujours aux organismes de démontrer qu'ils tiennent une veille légale et réglementaire : c'est l'objet de l'indicateur 237.
Comment cette veille est fabriquée
Je tiens cette veille d'abord pour mon propre travail : un module sur l'épargne réglementée ou sur un titre professionnel est faux le jour où le taux ou le référentiel change. La publier m'oblige à la tenir proprement. Voici les règles que je me donne.
- Remonter au texte. Quand une information vient d'un décret, d'une décision ou d'un communiqué officiel, c'est lui que je cite en premier : Journal officiel, Service-Public.fr, France compétences, ACPR, Autorité de la concurrence, DGCCRF. Ces sources portent la mention « source officielle » en bas d'article.
- Croiser. Les réseaux publics d'information (Carif-Oref, dont le C2RP pour les Hauts-de-France), les opérateurs de compétences et la presse professionnelle complètent. Un blog d'avocat ou de consultant peut éclairer un texte ; je le signale comme tel.
- Numéroter. Chaque affirmation chiffrée ou datée renvoie à une source précise. Si je ne trouve pas, je l'écris.
- Dater. Chaque article indique le jour où les liens ont été vérifiés. Une information réglementaire sans date ne vaut rien.
- Reformuler. Je résume avec mes mots et je renvoie vers l'article d'origine pour le détail. Le travail des journalistes et des juristes mérite d'être lu chez eux.
- Corriger. Une erreur signalée est corrigée dans l'article, avec la date de la correction.
Côté formation : refaire sa liste de sources
- Pour le droit de la formation : Légifrance et le Journal officiel, Service-Public.fr, le site du ministère du Travail, France compétences, le portail des organismes de Mon Compte Formation.
- Pour le territoire : le Carif-Oref de votre région. Celui des Hauts-de-France, le C2RP, a par exemple publié une synthèse claire du nouveau référentiel Qualiopi trois jours après le décret.
- Pour les métiers : l'observatoire de votre branche et votre opérateur de compétences.
- Pour la preuve : gardez une trace datée de ce que vous lisez et de ce que vous en faites. C'est ce qu'un auditeur regarde.
Cette veille paraît aussi par courriel, une fois par mois.